Le vrai cadre éducatif: celui qui fait grandir, pas obéir
On parle beaucoup du fameux “cadre éducatif”. De ce besoin de “mettre un cadre” à l’enfant, sinon — paraît-il — il deviendrait mal élevé.
Ce discours revient souvent dans les générations précédentes, comme si notre manière actuelle d’accompagner les enfants manquait de fermeté et menaçait un certain ordre établi.
Ce qui me fascine, c’est que cette inquiétude se répète à chaque génération. Nos arrière-grands-parents le disaient déjà… Les grands-parents ensuite… Puis les parents… Alors, n’y a-t-il pas là un indice?
Comme si nous avions du mal à accepter que chaque génération apporte sa vision, sa sensibilité, sa manière de faire. Et que, forcément, le cadre évolue avec elle.
Isabelle Filliozat le dit très justement: “Nous faisons mieux que nos parents, et nos enfants feront mieux que nous.”
La société change. Nos connaissances progressent. Et notre regard sur l’enfance aussi. Aujourd’hui, nous savons que:
- la peur,
- la comparaison,
- la punition,
- la violence,
- l’humiliation,
- le chantage affectif…
ne font plus partie des pratiques éducatives adaptées au développement émotionnel de l’enfant.
Alors… de quel cadre parle-t-on vraiment?
Un cadre qui soutient l’enfant, pas qui le contraint
Le succès d’un enfant ne repose pas seulement sur ses compétences intellectuelles, mais aussi — et surtout — sur:
- la confiance en soi,
- l’autonomie émotionnelle,
- la capacité à communiquer sans blesser,
- la régulation des émotions,
- la coopération.
Et si le cadre servait à cela? Et s’il devenait évolutif, collaboratif, ajusté, vivant?
Un enfant ne devient pas mal élevé parce que vous assouplissez une règle ou que vous changez d’avis. Bien au contraire. Parfois, nous restons figés dans nos décisions: “Non, tu ne manges pas entre les repas. Point final.” Comme si revenir sur une règle nous faisait perdre notre autorité.
Mais pourquoi cette peur? Et si montrer à un enfant que nous pouvons réfléchir, sentir, ajuster… était justement un cadeau?
Le cadeau de l’humanité. De l’imperfection. De la relation authentique.
Quand le cadre rigide nous éloigne des besoins
Ne pas répondre aux pleurs “pour ne pas qu’il en profite”,
ne pas proposer à manger “pour ne pas qu’il s’habitue”,
ne pas exprimer un désaccord “pour ne pas fragiliser l’autorité”…
ne risque-t-on pas, là, de s’éloigner des besoins fondamentaux — les siens comme les nôtres?
Le cadre n’est pas un mur.
C’est un repère.
Un espace de sécurité, de lien et de respect.
Un espace qui se construit ensemble.
Et qui permet à l’enfant non pas d’obéir… mais de grandir.
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