29 mai 2026

Quand le maternage proximal rencontre la société moderne


On parle souvent du maternage proximal comme d’un idéal.

Une présence constante.
Du peau à peau.
Du portage.
De la co-régulation émotionnelle.
De l’écoute.
Du lien.

Et oui, profondément, cela fait sens.

Parce qu’un enfant a besoin d’attachement, de sécurité, de proximité.
Parce qu’un bébé n’est pas fait pour grandir seul.
Parce que pendant des milliers d’années, les enfants ont grandi portés contre leurs parents, entourés d’un village, bercés par une présence collective.

Une société qui va à contre-courant des besoins des enfants

Mais aujourd’hui… dans notre société moderne… beaucoup de mères essaient de recréer cela dans un système qui va complètement à contre-courant.

Et c’est là que l’épuisement arrive.

Parce qu’on ne vit plus dans des tribus où plusieurs adultes prennent le relais naturellement.
Parce qu’on ne travaille plus dans les champs avec nos enfants attachés contre nous.
Parce qu’aujourd’hui, il faut souvent retourner vite au travail.
Déposer son enfant à la garderie.
Gérer des journées entières devant un ordinateur.
Courir entre les horaires, les repas, les nuits hachées, la charge mentale, les rendez-vous, les lessives, les émotions de tout le monde… tout en essayant d’être une mère disponible émotionnellement.

Et honnêtement… c’est énorme.

Burn-out maternel et culpabilité des mères

Alors beaucoup de femmes culpabilisent.

Parce qu’elles veulent offrir un attachement sécure à leur enfant… mais qu’elles se sentent au bord du burn-out.
Parce qu’elles aimeraient être douces tout le temps… mais qu’elles finissent par crier.
Parce qu’elles rêvaient d’un couple solide… mais que la fatigue crée des tensions.
Parce qu’elles voudraient être présentes… alors qu’elles sont simplement épuisées.

Mais peut-être que le problème ne vient pas des mères.

Peut-être qu’il vient surtout du fait que notre société demande aux femmes d’élever des enfants comme dans un village… tout en vivant dans l’isolement.

Le village n’existe presque plus.
Et pourtant, les besoins des enfants, eux, n’ont pas changé.

Un attachement sécure ne demande pas une mère parfaite

Alors oui, parfois on craque.
Parfois on tombe.
Parfois on survit plus qu’on ne profite.

Et cela ne veut pas dire qu’on est une mauvaise mère.

Parce que le maternage parfait n’existe pas.

Un attachement sécure ne se construit pas dans une perfection constante.
Il se construit dans le lien.
Dans les réparations après les tempêtes.
Dans les “je suis désolée”.
Dans les câlins après les cris.
Dans la présence suffisamment bonne.
Dans toutes ces petites tentatives imparfaites mais profondément humaines.

Faire de son mieux dans la parentalité moderne

Et malgré tout, je trouve cela beau aussi.

De voir toutes ces femmes qui essaient.
Qui cherchent des compromis.
Qui lisent, apprennent, remettent en question ce qu’elles ont connu.
Qui se soutiennent entre elles.
Qui avancent avec leurs limites, leurs blessures, leur fatigue… mais aussi avec un amour immense.

Parce que les compromis, c’est la vie.
Parce qu’on ne peut pas tout porter seules.
Parce qu’être parent, ce n’est pas appliquer une théorie parfaitement.
C’est naviguer comme on peut entre nos valeurs, notre réalité et nos ressources du moment.

Et peut-être qu’au fond, faire de notre mieux… avec conscience et amour… c’est déjà énorme.

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